Homophobie : vecteur de contamination

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Il aura fallu attendre 1981 pour que l’homosexualité soit dépénalisée en France. Pourtant et malgré cette avancée considérable, il reste encore beaucoup à faire dans le domaine de la perception de cette façon de vivre. Durant des années, il n’était pas rare d’entendre, au hasard d’une conversation, que l’homosexualité était tolérée, tolérable, voire dans le meilleur des cas « admise ». Mais a-t-on demandé aux homosexuels de tolérer et d’admettre l’hétérosexualité ? Non, bien sûr.

Je voudrais croire que cette « non question » résulte tout simplement du fait que tout le monde sait et suppose que les homosexuels ne portent aucun jugement sur une sexualité qui n’est pas la leur et donc, par conséquent leur réponse, dans la quasi-totalité des cas, se situerait très  au-delà d’une quelconque tolérance ou admission, mais bien au niveau du plus élémentaire respect de l’autre.

Malheureusement, nous vivons dans une société qui véhicule des certitudes d’un autre âge. Certes, demander à une minorité d’approuver ou non les différences de la majorité, résulte d’un non sens. Mais que cette minorité ait pu faire l’objet d’un jugement global plus ou moins dégradant de la part de certaines personnes, résulte de l’infamie.

Subir les sarcasmes et les insultes, au seul motif de leur différence, conduit de nombreux homosexuels et notamment les plus jeunes, à se réfugier dans une voie de repli et sous un voile de honte. Et cette honte injustifiée débouche le plus souvent sur une sexualité cachée, lourde de conséquences. Pourtant, se construire autrement que sur la base d’insultes répétées, devrait permettre à beaucoup, sinon à tous, de s’épanouir dans l’équilibre et l’harmonie, avec pour résultat quasi certain, une bonne estime de soi et la prise de conscience de sa propre valeur ; non la dégradante mesure du mépris, infligé par certains, source de tant de haines et tant de malheurs.

Les messages de prévention contre la transmission du virus du SIDA, ne doivent pas fléchir, c’est clair, mais il serait inutile de vouloir les cibler : toute la population est concernée, notamment par le discours et le comportement de chacun. L’homophobie est responsable de nombreux  suicides, de discriminations et violences abominables. Lorsqu’on a une mauvaise estime de soi, on n’a pas envie de se protéger : l’homophobie est aussi responsable de nombreuses contaminations par le VIH.

Les dernières décennies ont permis d’avancer dans de nombreux domaines, y compris dans celui qui oriente la pensée  vers une meilleure compréhension de tout ce qui nous est étranger ou différent : la crainte de nos différences s’estompe petit à petit et c’est prodigieusement encourageant pour notre avenir à tous. Admettre que ces différences ne constituent plus un danger, mais au contraire un atout remarquable pour chacune et chacun d’entre nous, c’est aussi  reconnaître le droit, pour l’autre, d’exister tel qu’il est, sans discrimination aucune.

ROBERT